Mes débuts dans la bande dessinée

La première bande dessinée que j'ai faite était un petit album broché de Garfield à l'âge de 10 ans. Pendant l'année scolaire, je faisais au brouillon un gag d'une page par semaine que je montrai au fur et à mesure aux autres d an s ma classe. Je me suis ainsi retrouvée à la fin de l'année avec 25 pages de gag s. Puis je me souviens que j'ai ensuite passé toutes les chaudes journées de ce magnifique été en maillot de bain, assise à la table de la cuisine , à dessiner ces gags au propre au crayon mine et à les mettre en couleur avec amour au crayon de bois. J'ai conservé cet album  précieusement et je m'amuse, aujourd'hui, à le montrer aux jeunes dans le cadre d'ateliers BD que je donne. Je suis chaque fois heureuse de constater que Garfield est toujours aussi populaire. ;-) C'est aussi la seule fois que j'ai fait une bande dessinée à partir d'un personnage déjà existant. Celles qui ont suivies sont mes créations à 100 % !

Les thèmes et les sujets que j'aborde

J'utilise beaucoup le thème de l'écologie en mettant souvent mes histoires dans le contexte d'un monde post-apocalyptique. C'est le cas de ma série fantasy, « Terre sans dieux » et de ma série érotique, « Dryade ». Je trouve qu'il y a une mélancolie, une poésie dans les mondes mourants qui me touche et ça permet aussi de remettre les choses en perspective avec notre propre réalité. Car je ne voudrais surtout pas vivre en vrai ce que j'écris dans mes histoires ! Un autre thème qui semble souvent revenir est l'accomplissement de soi. Vous pouvez le voir gros comme au milieu de la figure avec ma série jeunesse « Titi Krapouti & cie » où vous faites connaissance avec Titi qui veut devenir le plus grand livreur de sa ville d'Absurdido... sans avoir de prédisposition naturelle pour cela. Pareil pour le personnage de Agnès dans « Terre sans dieux », une esclave qui devra devenir une grande prêtresse envers et contre tout si elle veut sauver son monde... et son fils.

Les auteurs qui m’inspirent et pourquoi

C'est drôle à dire, mais les auteurs qui m'inspirent en général sont les mangakas. En fait, il serait plus juste de dire qu'ils m'impressionnent avec cette capacité qu'ils ont de produire 20 planches de bande dessinée par semaine. Et ce nombre énorme de planches leur permet de mettre en place des mises en scène sans texte qui bouffent les pages avec de l'action à couper le souffle ou bien des scènes contemplatives. Le genre qu'on ne peut pas se permettre avec un album traditionnel franco-belge de 48 pages. Je ne dis pas qu'il n'y a pas d'équivalent dans la BD européenne ou américaine, mais c'est avec le manga que ça me frappe le plus. En même temps, je ne les envie pas non plus car je ne voudrais pour rien au monde échanger mon rythme de travail avec le leur ! Il semble même que certains en meurent d'épuisement. Respect.

Mon style, mon approche graphique

Depuis toute petite, j'ai toujours eu plusieurs styles. Je m'entraînais autant à dessiner des personnages de Homer Simpson et Bugs Bunny qu'à faire du dessin réaliste en me référant à des photos de magazine. Ma principale influence était le dessin animé et c'est pourquoi j'ai longtemps hésité avant de choisir la bande dessinée. Aujourd'hui, j'utilise un style de dessin cartoon pour Titi Krapouti, un style semi-réaliste à la Disney pour « Terre sans dieux » et un dessin réaliste pour Dryade. Bref, mon style graphique s'adapte au genre d'histoire que j'écris.

Pourquoi la bande dessinée

Parce que je veux travailler pour mes idées. Si j'étais restée en dessin animé, j'aurais passé mon temps à dessiner les idées des autres avec le style des autres. J'aurais été une technicienne du dessin, le maillon d'une grande chaîne. Ce n'est pas un mal en soi si c'est ce qu'on recherche, mais je souhaitais donner forme à mes propres histoires et pour cela, la bande dessinée est le meilleur choix.