Mes débuts dans la bande dessinée

J'ai commencé à faire de la bande dessinée plus sérieusement quand j'ai déménagé à Montréal en 2010. Je m'étais mis dans la tête de faire un baccalauréat en arts visuels à l'UQÀM, pour devenir peintre ou quelque chose comme ça. Je n'avais pas prévu qu'en m'inscrivant parallèlement à l'atelier de bande dessinée de Jimmy Beaulieu au cégep du Vieux-Montréal, j'allais rencontrer d'autres auteurs, commencer à publier des fanzines, et dessiner tellement d'affaires sur mes plans de cours que j'allais pu être capable de lire c'était pour quand le travail de mi-session. J'ai finalement terminé le bac à reculons, tout en m'auto-éditant, en bichonnant mon blog, et en publiant avec Iris mon premier livre, La liste des choses qui existent, paru à la Pastèque en 2013. Depuis que j'ai gradué, je dessine en dansant.

Les thèmes et les sujets que j'aborde

Ça dépend. Les choses que je fais sont majoritairement humoristiques. Parfois c'est drôle et c'est triste en même temps. Quand j'ai travaillé avec Iris sur La liste des choses qui existent, on s'amusait surtout à tourner en dérision des objets de la culture populaire. Il y avait aussi une part d'autobiographie, d'anecdotes d'enfance, de souvenirs… Je crois que j'ai une facilité à traiter des choses de l'enfance, probablement parce que j'ai le même humour qu'un enfant de quatre ans.

Présentement, je travaille avec Alexandre Fontaine Rousseau sur Les cousines vampires. C'est la première fois que je m'attaque à la bande dessinée de genre. C'est aussi la première fois que je dois dessiner des escaliers en colimaçon. Ça me plaît beaucoup. (Sauf pour ce qui est des escaliers…)

À part ça, je parle souvent de choses molles ou ondulantes comme des saucisses, des éléphants qui glissent, des nouilles, des champignons, des roches, des bébés, des animaux, des bébés animaux, des flaques, des mouches.

Les auteurs qui m’inspirent et pourquoi

Je crois que mes deux auteurs favoris restent Tove Jansson et Charles M. Schulz. J'ai beaucoup d'admiration pour les auteur-e-s capables de créer des histoires à la fois drôles et mélancoliques qu'on peut lire à 7 comme à 77 ans. C'est quelque chose que j'aimerais énormément être capable de faire.

Sinon, pour n'en nommer que quelques un-e-s, j'adore Aisha Franz, Anne Simon, Florence Dupré La Tour, Oriane Lassus, Anouk Ricard, Marine Blandin, Blutch, Vincent Pianina, Kerascoët, Julie Doucet, Iris, Vincent Giard, Sophie Yanow, Julie Delporte, Bryan Lee O'Malley, Ernie Bushmiller, Quino, Tezuka, Mizuki… Ah, et j'ai appris à dessiner en copiant des Dragonball.

J'aime aussi les vieux livres d'histoire naturelle, comme par exemple les livres d'identification des plantes dans lesquels toutes les images sont dessinées ou peintes. Ça me fait penser à des livres pour enfants. J'aime les livres pour enfants, j'en achète plein! J'ai un petit faible pour Richard Scarry.

Mon style, mon approche graphique

Ma plus grande peur, quand je dessine, c'est que ça ait l'air figé. C'est dur pour moi de travailler sur Les cousines vampires parce que tout est nouveau : le genre, les matériaux que j'utilise (je le fais tout au crayon de plomb!), les décors, les lumières… De travailler longtemps sur une planche me donne l'impression de perdre en énergie. Souvent, je préfère mes découpages à mes pages finales, parce que j'ai tracé des lignes sans y penser, et qu'elles traduisent parfois mieux le mouvement que j'essaie de donner à mes personnages. Et quand j'arrive à dessiner sans y penser, ça devient un jeu, et c'est la meilleure chose qui puisse arriver.

Pourquoi la bande dessinée

J'aime peindre mais j'aime mieux raconter des histoires, j'aime écrire mais j'aime mieux dessiner… J'aime bien jardiner aussi, j'imagine que j'aurais pu faire ça, à la place.